Si vous êtes en train de lire cet article, cela signifie que vous êtes curieux de savoir comment fonctionne le calcul d’un prix et ce qu’il y a dedans. Eh bien sachez-le, ce n’est pas fait par hasard ou sur un lancé de dé !
Je sais que certains s’en doutent, mais croyez-le ou non, beaucoup ne le savent pas ! Non, ce n’est pas une blague, loin de là. Je dis ça, car je rencontre souvent de nouveaux auto-entrepreneurs, donc nouveaux chefs d’entreprises (car oui, une auto-entreprise est une entreprise !!!), qui viennent avec une question : « Tu crois que je peux le vendre à combien ? » Bah, heu, calcul ! Car si tu poses la question, tout le monde te dira : gratuit (avec un grand sourire en plus pour certains).
Beaucoup oublient que jamais rien n’est gratuit et qu’il y a toujours quelqu’un qui paie quelque part, même lorsqu’on fait un « semblant » de gratuité. Car oui, c’est un semblant, une illusion : soit l’entreprise offre de son temps, soit elle offre de son argent, mais RIEN n’est gratuit. RIEN !
Lorsque quelque chose est offert, soit c’est parce que l’entreprise offre de son temps et/ou de son argent pour remercier ou fidéliser ses clients, soit pour en avoir de nouveaux. Chez Creatigre, nous offrons beaucoup de notre temps, car c’est la seule chose que l’on peut offrir. Donc si vous recevez une offre, sachez que cela nous coûte beaucoup.
Mais alors, si un prix n’est pas défini au hasard, qu’est-ce qui le définit ? Un calcul rempli de plein de conditions qui peut donner mal à la tête.
Le calcul simplifié de ce calcul complexe s’appelle un coefficient multiplicateur (le fameux X2), sauf que… pour connaître ce coefficient multiplicateur, il faut déjà connaître le vrai calcul de base pour pouvoir le trouver. Car d’une entreprise à une autre, d’un statut à un autre et d’un procédé de vente à un autre, le calcul n’est pas du tout le même, loin de là, car les frais et taxes ne sont pas les mêmes. Doooonnnnnc, on ne peut pas dire qu’utiliser un X2 soit intelligent si la viabilité de l’entreprise suffit sur un X1,7 ou demande au contraire un X2,5 par exemple. Ce n’est pas pareil. Car le but d’une entreprise, c’est d’être viable pour pouvoir payer tout ce qu’il y a à payer, dont les salaires qui permettent de remplir le frigo de tout le monde.
Une entreprise n’est pas une association de charité qui travaille bénévolement, sinon beaucoup de salariés n’auraient jamais de salaire… (Logique, diriez-vous, mais pas pour tout le monde !) Je vais donc vous expliquer de façon simplifiée, car il y a trop de paramètres à prendre en compte pour donner simplement le calcul, et chaque entreprise a des choses que d’autres n’ont pas en fonction de leur statut, leurs frais personnels, leurs choix de fonctionnement…
Donc l’explication d’un cas, par exemple Creatigre, ne sera pas la même pour une autre entreprise, même si c’est dans la même branche, car vous verrez que les choix de stratégie font beaucoup. Par conséquent, je préfère vous expliquer ce qui est compris dedans plutôt que vous donner un calcul bête et con, car il est toujours mieux de comprendre ce qu’on paie que d’avoir simplement un calcul sans explication. Cela va vous permettre de prendre conscience que dans la finalité, TOUT a un impact plus ou moins important dans un prix, même le salaire d’un ouvrier, et oui !
Le premier point le plus important : la matière première
Tout produit fabriqué ou vendu a besoin de matière première. Cette matière première est fabriquée principalement à partir de ressources naturelles, et la nature a un certain temps de régénération qui donne donc une valeur à cette matière première. Plus vite notre planète peut reproduire cette matière ou plus elle en possède, plus son coût peut être faible. Certaines ressources se renouvellent rapidement, tandis que d’autres prennent des années à revenir, comme les arbres. D’autres sont limitées, car épuisables, comme certains minerais. Donc moins on en aura, plus le coût de cette matière première peut venir à grimper, voire flamber. Sans compter la spéculation que certains font en plus dessus, surtout lorsque certaines matières premières deviennent rares ou peinent à être produites à la suite de diverses circonstances économiques ou naturelles : c’est encore pire. Ce coût est donc variable en fonction de la matière première que l’on utilisera dans notre produit. Mais c’est également un élément central dans le calcul d’un prix, car il faut partir de ce coût pour déterminer ensuite le prix de vente en fonction de l’ensemble des autres charges et du niveau de marge nécessaire à l’entreprise.
Creatigre utilise autant que possible des produits ayant un impact limité sur notre planète, tels que le verre, recyclé pour certains d’entre eux, ou le bois issu de filières responsables. Car oui, il ne faut pas oublier que les ressources ne sont pas inépuisables. Et malheureusement, qui dit produit issu d’une ressource responsable dit aussi un certain coût, car il y a généralement davantage de contraintes, de contrôles ou de choix de production derrière. Après, c’est un choix : c’est le nôtre de privilégier notre planète face à des matières premières bas prix lorsque cela est possible.
Ensuite vient le taux horaire ! Le salaire !
C’est un coût essentiel dans une activité, même si son calcul dépend énormément du statut et du fonctionnement de l’entreprise.
En France, un salarié doit être rémunéré au minimum selon les règles légales applicables, notamment le SMIC lorsqu’il s’applique. Mais pour un chef d’entreprise, la situation est différente : selon le statut choisi, il peut avoir une rémunération, des cotisations et un fonctionnement complètement différents. Ce qu’il faut savoir, c’est que pour la création/fabrication d’un produit, il faut en tout minimum plusieurs métiers ! Je dis bien métiers, car lorsqu’on est en auto-entreprise, souvent on fait ces différents métiers tout seul alors qu’une petite entreprise peut venir à embaucher plusieurs personnes et qu’une grande entreprise en aura encore davantage à disposition.
Les métiers minimums sont les suivants : une personne qui s’occupe de toute la partie administrative, un comptable pour toute la partie économique, une personne pour la vente et la prise de commande, une personne pour s’occuper de toute la partie marketing et des réseaux sociaux, et enfin une personne pour fabriquer ce produit lorsqu’on est dans la création/fabrication. Dans la réalité des faits, il faut aussi une personne pour faire les photos pour les réseaux, la communication et les produits, les vidéos si jamais, une personne pour passer les commandes chez les fournisseurs et trouver les nouveautés, une autre pour le développement de la marque ou de l’entreprise…
Bref, vous l’avez compris : que ce soit une seule personne qui fasse tous les métiers exigés par une entreprise ou plusieurs, un produit ne compte pas qu’un seul métier derrière, mais un bon paquet de connaissances et de compétences qui se doivent d’être acquises pour être professionnel. Bien entendu, lorsqu’il s’agit d’une entreprise qui fabrique un objet ou d’une entreprise qui ne fait que de l’achat-revente, il n’y a pas les mêmes besoins de personnel. Mais malgré tout, seul, on fait le boulot de plusieurs personnes !
La grande question qui se pose alors lorsqu’on est seul, c’est quel coût va avoir le taux horaire ? Est-ce qu’on met le SMIC d’une seule personne ? Mais à ce moment-là, si on fait ça, le jour où on embauche pour déléguer des tâches, il va falloir augmenter les prix ! Et est-ce que la clientèle va suivre cette augmentation, car au départ on a voulu se sous-payer ? Beaucoup de salariés se plaignent d’être payés au SMIC pour faire le travail de deux, voire trois personnes. Donc, lorsqu’on est son propre patron, est-ce qu’on doit accepter la même chose ou au contraire anticiper ?
Bien entendu, toutes ces questions sont des choix personnels de potentielle évolution d’entreprise, propres à chaque entreprise. Certains vont se sous-payer en ne se mettant même pas au niveau du SMIC par peur d’être trop chers (syndrome de l’imposteur, oui, ça a un nom), et d’autres vont anticiper une évolution d’entreprise et donc tout de suite prendre en compte les coûts nécessaires à l’arrivée de futurs collaborateurs. D’autres encore ne vont pas se sous-payer, mais ne vont pas non plus mettre trop haut, car ils doutent de l’évolution de leur entreprise. C’est un peu notre cas : on ne se sous-paye pas, mais embaucher sans augmenter nos prix serait compliqué.
Le prix final d’un produit permet donc de financer le temps de travail qui se trouve derrière celui-ci, mais également tout ce qui permet à l’entreprise de fonctionner. Donc qui dit augmentation du coût du travail, dit forcément qu’il faut que cet argent rentre quelque part !
À noter que dans les secteurs d’achat-revente uniquement, où il n’y a aucun acte de fabrication ou de création du produit, le temps de travail ne peut pas être calculé de la même façon sur chaque article. Le salaire et le temps consacré à la gestion de l’activité font alors partie des charges globales de l’entreprise.
La 3ème étape : les charges d’entreprise
Les charges, ce sont tous les frais que nous coûte la création, la fabrication ou la mise en vente d’un produit, comme les encres, les papiers, l’eau, l’électricité, les assurances diverses et obligatoires pour beaucoup. Bref, vous l’aurez compris, tout ce qui est à payer par une entreprise pour pouvoir fonctionner, y compris certaines taxes d’entreprise. Car oui, l’entreprise est soumise à différents prélèvements en fonction de sa taille, de son statut et de son activité.
Une entreprise en micro-entreprise n’a pas le même fonctionnement qu’une EURL ou qu’une SAS, par exemple. Les cotisations et les impôts ne sont pas calculés de la même manière. Pour une micro-entreprise, les cotisations sociales sont notamment calculées selon la nature de l’activité et le chiffre d’affaires réalisé. Il existe également d’autres taxes et frais qui peuvent dépendre de l’activité, du lieu d’exercice, des locaux, des importations, de certains secteurs ou encore du régime choisi.
Vous l’avez compris, les charges et prélèvements sont variables en fonction de la branche de métier dans laquelle vous travaillez et de votre statut. Certaines charges dépendent directement de l’activité ou du chiffre d’affaires, tandis que d’autres peuvent être dues même lorsque l’entreprise vend peu ou pas.
Pour la suite, il y a la marge. Alors qu’est-ce qu’une marge ?
C’est une partie essentielle de l’équilibre économique d’une entreprise. Mais attention, la marge n’est pas directement la trésorerie de l’entreprise, comme on peut parfois l’entendre. Une fois les différentes dépenses couvertes, ce qui reste permet notamment à l’entreprise de constituer sa trésorerie, d’investir, de renouveler son matériel, de créer des nouveautés, d’embaucher du personnel, de faire des rénovations, de supporter les périodes plus difficiles ou encore de proposer certaines promotions et remises.
C’est notamment pour cela que l’idée « il suffit que les entreprises suppriment leur marge » est beaucoup plus compliquée qu’elle n’en a l’air. Supprimer ou réduire fortement la marge ne signifie pas simplement que le patron gagne moins. Cela peut aussi signifier moins de trésorerie disponible, moins d’investissement, moins de renouvellement de matériel, moins de capacité à absorber les imprévus et, à terme, moins de possibilités de faire évoluer l’entreprise.
Après, c’est sûr, il y a marge et marge. Il y a ceux qui abusent et font des promotions à gogo partout, et ceux qui font une marge qui permet à l’entreprise de tout juste tourner comme il faut, mais ne peuvent pas vraiment faire d’offre ou de promotion comme le font certains. La marge permet aussi de choisir ses canaux de vente. Est-ce qu’on se limite seulement aux professionnels ou aux particuliers ? Est-ce qu’on vend aux deux ? Dans des dépôts ou pas ? Tous ces choix de vente et de stratégie vont définir l’équilibre économique nécessaire et donc influencer le prix du produit.
Chez Creatigre, les promos sont très rares, car notre marge n’est pas élevée. Elle permet seulement de vous offrir les frais de port sur un certain montant, voire encore, pour la période de Noël en général, on fait une promotion, car on offre une grosse partie de notre marge comme cadeau pour nos clients. Car oui, une promo est un cadeau chez nous et pas seulement une communication marketing. Donc dites-vous que lorsque Creatigre vous fait une offre, c’est vraiment un très gros cadeau que nous vous réalisons, car nous préférons vous offrir les prix les plus justes toute l’année que de vous faire croire à une fausse promotion pour vous attirer !
Pour ce qui est de la quantité, bah plus vous prenez, plus on peut négocier de notre côté la matière, donc on vous en fait profiter, c’est tout. On ne le garde pas pour nous contrairement à d’autres.
Après la marge, il y a les frais de transaction !
Parce que oui, il ne faut pas se leurrer, les banques et autres systèmes de transaction ont des frais. Ce n’est pas pour rien que certaines entreprises ont des conditions particulières pour les paiements par carte en magasin, et lorsque vous vendez en ligne, les plateformes de paiement prélèvent également leurs frais. Ces frais varient selon le prestataire, le type de paiement, le pays et parfois le type de transaction. Par exemple, les tarifs professionnels actuels de PayPal comprennent notamment une commission sur les transactions commerciales, mais les tarifs peuvent évoluer et ne sont pas identiques pour toutes les opérations.
L’idée à retenir est donc simplement la suivante : le prix payé par le client n’arrive pas intégralement dans la poche de l’entreprise.
Avec tout ça, on arrive au hors taxe, le HT
Donc cela veut dire qu’il manque encore une dernière chose : la TVA, lorsque l’entreprise y est soumise. Et oui, encore des taxes en plus de toutes celles qui sont déjà à payer par l’entreprise.
En France métropolitaine, il existe actuellement plusieurs taux de TVA : le taux normal de 20 %, les taux réduits de 10 % et 5,5 %, ainsi qu’un taux particulier de 2,1 %. Le taux applicable dépend de la nature du bien ou du service.
Attention cependant : toutes les entreprises ne facturent pas nécessairement la TVA. Certaines entreprises, notamment certaines micro-entreprises sous le régime de franchise en base de TVA, ne la facturent pas tant qu’elles respectent les conditions applicables à leur situation.
Sachez également que la nature exacte de l'opération réalisée peut avoir une incidence sur son traitement fiscal. Une personnalisation, une fabrication, une vente de produit fini ou une prestation peuvent ne pas être traitées exactement de la même façon selon ce qui est réellement vendu et selon le régime de l’entreprise. C’est notamment pour cela que les prix peuvent varier chez Creatigre entre certains produits et certaines créations sur mesure, même lorsque le travail de production semble proche.
Chez Creatigre, nous offrons déjà la création du fichier nécessaire à la personnalisation. La seule chose qui peut donc permettre de baisser certains prix entre la personnalisation et les produits de notre rubrique Coffret Inspirés peut venir de la différence de traitement de l’ensemble de l’opération, mais le travail de production du produit en lui-même et les coûts nécessaires à sa fabrication restent bien présents.
Oui, on offre beaucoup à nos clients qui, pour beaucoup, nous le rendent bien, donc encore merci à eux !
Les frais de port
Après, pour la vente en ligne, on pourrait aussi parler des frais de port, qui ne sont jamais réellement « gratuits » non plus. Le plus souvent, les prix de frais de port peuvent être incorporés dans le prix du produit. Donc lorsque l’entreprise fait ce choix, vous ne voyez simplement plus directement le coût de livraison. À l’inverse, lorsque les frais sont calculés à la fin en fonction du poids, du format, de la destination ou du transporteur choisi, vous pouvez avoir l'impression de payer le juste prix des frais de port.
Mais malheureusement, dans notre société, on privilégie parfois le faux-semblant d’une fausse offre : le fameux « frais de port gratuits dès le premier article acheté » plutôt que de regarder ce qui est réellement inclus dans le prix.
Seuls les très gros groupes peuvent parfois absorber plus facilement les frais de port en les prenant sur leur marge comme « cadeau », car leur modèle économique et leurs volumes sont différents. Une petite structure ne pourra pas forcément se le permettre, car sa marge est rarement suffisante pour pouvoir le faire. De plus, les frais de port ne sont jamais calculés comme on veut, car ce sont les transporteurs qui fixent leurs tarifs. En plus de cela, il y a aussi les emballages pour protéger les produits, qui eux aussi ont un coût d’achat.
Je vous l’ai dit : RIEN n’est gratuit.
Chez Creatigre, nous vous évitons une partie des frais de cartons d’envoi, car nous faisons le choix du recyclage de carton. Nous récupérons donc plein de cartons afin de faire les envois, pour ne pas avoir encore ce coût en plus dans les frais de port.
Les prix en gros
Après, il y a aussi ce qu’on appelle les prix de gros, les packs ou les coffrets, ou encore les fameux « 2 achetés, 1 offert ».
Sachez que dans la réalité, le produit offert n’est pas magique : il est simplement financé par l’ensemble de l’opération commerciale. Lorsqu’un lot est vendu, le calcul économique se réalise sur l’ensemble du lot. Le coût des matières, du temps de travail, des charges, des frais de transaction et des autres éléments nécessaires à la vente est alors réparti différemment.
C’est pour cette raison que Creatigre propose également des lots, des packs ou des coffrets : cela peut vous permettre de profiter de plusieurs produits à un prix plus intéressant que si vous les achetiez séparément. Ni plus ni moins. Donc autant en profiter lorsqu’on peut, non ?
Voilà, vous savez maintenant ce qui se cache derrière un prix !
Bien entendu, le calcul réel d’un prix peut devenir beaucoup plus complexe. Un comptable ou un professionnel de la gestion peut aider l’entreprise à déterminer ses coûts, ses charges, son niveau de marge nécessaire et son coefficient de vente à partir du coût des matières premières et de l’ensemble de ses dépenses.
Comme je l’ai dit et je le redis : rien n’est calculé au hasard.
Donc avec tout ça, vous savez ce que comprend le prix de vos produits ou de vos services, enfin je l’espère, et surtout, j’espère que vous comprenez également que souvent, seulement augmenter le salaire comme le proposent certaines personnes ne réglera pas à lui seul tous les soucis de pouvoir d’achat.
Car un prix, c’est un tout… dont le salaire !
Si on bouge seulement une chose, la seule chose qui en résulte peut être une augmentation ailleurs. Pour qu’un prix ne bouge pas alors qu’un coût augmente, il faut forcément que l’entreprise puisse absorber cette hausse autrement : en réduisant une autre dépense, en améliorant sa productivité, en acceptant une marge plus faible ou par un autre changement dans son fonctionnement. Et ça, malheureusement, ce n’est pas toujours possible.
Par Creatigre